L'hémorragie démocratique.
Le tableau de la représentativité parlementaire en 2024 dresse un constat alarmant.
Sur 68,5 millions de Français, seuls 43,3 millions sont inscrits sur les listes électorales, soit à peine 63% de la population.
Déjà, plus d'un tiers des citoyens se trouve exclu du processus électoral, qu'il s'agisse de mineurs, d'étrangers résidents, ou de personnes non inscrites.
Cette première fracture démocratique est rarement évoquée dans le débat public.
Mais le véritable gouffre se creuse avec l’abstention massive.
Parmi les électeurs inscrits, seuls 27,3 millions ont exprimé un vote valide lors des dernières élections législatives, une fois déduits les abstentionnistes ainsi que les bulletins blancs et nuls.
Ainsi , la participation réelle ne représente plus que 40 % de la population.
La mécanique de la dilution démocratique.
Le système électoral français, fondé sur le scrutin majoritaire uninominal à deux tours, amplifie encore cette distorsion.
En moyenne pondérée durant la 16ème législature, un député est élu avec seulement 58% des voix exprimées dans sa circonscription.
Ce qui signifie que 15,8 millions de Français ont effectivement choisi leur député, tandis que 11,5 millions ont voté pour d'autres candidats non élus.
Plus grave encore : un calcul identique montre que le taux moyen de participation des députés aux votes à l'Assemblée plafonne à 40%.
Ce chiffre (calculé à partir des résultats de plus de 4000 scrutins de la 16ème législature) tient compte des délégations de vote et des extrêmes qui oscillent entre 20% et 90% en taux de participation.
Ainsi, lorsqu'un texte est soumis au vote, seuls 6,3 millions de citoyens sont réellement représentés par les députés présents dans l'hémicycle, contre 9,5 millions dont les élus sont absents ou non représentés.
L'illusion de la majorité.
Le paradoxe atteint son paroxysme avec la question de la majorité législative.
Pour qu'un texte soit adopté, il suffit qu'il recueille 51% des voix des députés présents, soit l'approbation de 3,2 millions de citoyens représentés.
En conclusion il ressort donc que 65,3 millions de "Français" ne sont pas représentés dans ce vote décisif qu'ils soient mineurs, non-
Le cas du Rassemblement National, première force politique aux dernières élections avec 32% des suffrages, illustre parfaitement cette distorsion.
Ses électeurs, soit 2 millions de citoyens représentés aux scrutins, ne pèsent que 2,96% de la population totale dans les scrutins parlementaires.
Un calcul identique pour le parti socialiste qui a atteint 12% des suffrages ne pèsent alors que 1,11%. Et c'est avec ces 1,11% associés à une coalition bien négociée qu'un vote très important peut l'emporter en novembre 2025.
Une légitimité en perte de substance.
Ces données révèlent une vérité inconfortable : nos lois sont votées par des députés qui ne représentent effectivement qu'une fraction infime de la population.
Comment accepter qu'un texte engageant l'ensemble de la nation puisse être adopté avec le soutien direct de moins de 5% de ses membres ?
Entre abstention record, mode de contrôle public déformant et absentéisme parlementaire, cette crise de représentativité n'est pas une fatalité technique, mais le symptôme d'un système démocratique à bout de souffle.
Il est urgent de repenser nos institutions pour réconcilier les citoyens avec leur Parlement, sous peine de voir le fossé se creuser davantage entre gouvernants et gouvernés, alimentant la défiance (91%) et l'instabilité politique actuelle.
Si nous voulons redonner du sens au vote et restaurer la confiance démocratique, il devient nécessaire d'ouvrir le débat : bulletin secret pour les votes sensibles, plus grande liberté de conscience des députés, consultations citoyennes électroniques etc…
N'oublions pas que l'urne à bulletin secret perdure depuis 1872.
Il est sans doute grand temps d'envisager pleinement l'usage du numérique pour consulter, écouter et co-
Encore faut-
Car si la démocratie doit vivre, elle ne peut se contenter de chiffres qui la vident de son sens.
La « Grande Illusion »
de
la démocratie parlementaire.
Notre démocratie parlementaire repose aujourd'hui sur l'expression réelle de seulement 5 % de la population. Cette réalité est méconnue et pourtant fondamentale.
Ce constat interroge, car il semble entrer en tension avec l'un des principes fondateurs de notre République.
Depuis la Révolution française de 1789, la Constitution précise que " les députés représentent la Nation tout entière et non pas seulement leurs électeurs".
Ce chiffre n'est pas une provocation, mais le résultat d'un calcul arithmétique issu de données officielles de 2024 du Ministère de l'Intérieur qui aiderait à expliquer, que 91% des « Français » considèrent que les élus politiques soient loins de leurs préoccupations.
Au terme de ces filtres successifs (étrangers, mineurs, non inscrits, abstention, mode de scrutin, discipline de parti, faible présence aux votes), les lois adoptées par des élus ne représentent plus que 3 à 5 % de la population française .
Ce calcul de représentativité n'a pas la prétention de remettre en cause la légitimité du Parlement, ni la valeur de la représentation nationale.
Il vise avant tout à proposer une lecture arithmétique et symbolique du fonctionnement réel de notre démocratie, telle qu'elle apparaît lorsqu'on observe les chiffres avec rigueur et sans parti pris.
Si l'on souhaite redonner du sens au vote et restaurer la confiance démocratique, il devient nécessaire d'ouvrir un débat clair et serein.
Plusieurs pistes méritent d'être examinées :
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Rappelons qu'en France, l'urne à bulletin secret demeure le standard depuis 1872.
Plus d'un siècle et demi plus tard, à l'heure de l'intelligence artificielle, n'est-
Encore faut-
Tribune : Quand 95% de la population sont exclus des décisions du Parlement : 5% des citoyens décident pour tous.
Les chiffres sont implacables et révèlent une vérité dérangeante sur l'état de notre démocratie parlementaire : un vote moyen à l'Assemblée nationale ne représente aujourd'hui que 5% de la population française.
Cette statistique, loin d'être anecdotique, illustre l'effondrement progressif de la représentativité démocratique de notre Parlement.
CONCEPTION & REALISATION
Novembre 2025
Philippe Géraudel.
Multi-
ESSEC, Boston Consulting Group.
geraudel@hotmail.com
www.geraudel.online